De libertés en crises

24 juillet 2011

Edito du dimanche 24 juillet 2011

La période estivale avait pour habitude de mettre l'actualité en sourdine quelques semaines pour que chacun profite d'un repos bien mérité. Cette année cependant et depuis quelques années, le vent de l'histoire n'a pas choisi sa saison pour nous interpeller. Quelques tendances de fond se dégagent. D'abord l'inquiétude née de la crise financière de 2008 n'en finit plus de nous servir des coups de théâtres à répétition ou chacun essaie d'exploiter politiquement chaque évènement pour tirer la couverture à lui. Les socialistes n'ont pas résisté à la tentation de se ranger derrière la mode de la rigueur (Hollande, Aubry) pour donner de la crédibilité à un programme que personne ne connait mais dont on se doute bien qu'il ne sera différent qu'à la marge de la politique poursuivie actuellement par le gouvernement. Puisqu'après le pacte pour l'Euro+ (interdiction de voter un budget en déficit sous peine de sanctions financières de la part de l'UE), les marges de manoeuvre des uns et des autres quelque soit le candidat élu seront réduites comme peau de chagrin. De l'autre côté l'UMP (Henri Guaino par exemple) est en train de déclarer que Nicolas Sarkozy vient de sauver l'Euro (rien que ça) après le énième plan de sauvetage pour la Grêce. Rappelons que ce sont les contribuables européens qui règleront l'essentiel de l'addition (voir le grand soupir de soulagement des bourses en fin de semaine qui en dit long sur la joie de nos chers investisseurs financiers de passer une fois de plus entre les gouttes).

Aux Etats-Unis, la situation est encore plus claire. Le relèvement du plafond de la dette devient un enjeu politique, les démocrates réclamant plus d'impôts, les républicains plus de coupes dans les dépenses sociales, tentant de faire porter le chapeau d'une éventuelle catastrophe au seul Barack Obama, oubliant un peu vite que les 8 ans de Bush ont en fait mené le pays à son état de délabrement actuel. Mais il est vrai qu'Obama, en 3 ans, n'a pas fait grand-chose pour inverser la tendance. Les Républicains, malgré la pression du Tea Party d'extrême-droite, signeront-ils un accord ce week-end pour éviter le défaut de paiement? De toute façon, ce ne sera que reculer l'échéance.

L'extrême-droite se fait également remarquer en Europe où la tragédie norvégienne, bouleversante, repose le problème de la montée des extrémismes en cette période troublée. Silence radio bien sûr chez Marine Le Pen, plus prompte à dénoncer les excés systémiques que les véritables tragédies humaines. Le plus aberrant, c'est la réaction des mass media qui ont évoqué dans un premier temps la piste islamiste alors que la cible (un rassemblement de jeunes travaillistes) aurait dû éveillé l'attention d'esprits un peu éclairés. Et le journal de France 2, consacrant le même jour sa une à l'étape du Tour de France, finissant s'il en était besoin de disqualifier des rédactions télévisuelles chaque jour un peu plus à côté de leur plaque.

Un petit mot à cette occasion pour le Figaro, où de plus en plus de journalistes se plaignent de la ligne éditoriale, la Une faite sur Hollande n'étant que les prémisses d'une campagne présidentielle qui s'annonce très violente. Je ne parlerai pas de l'affaire Takkiedine où des représentants du Peuple bien en place sont pris la main dans le pot de confiture de leur proximité sulfureuse avec l'oligarchie. Réminescence d'une soirée au Fouquet's que personne n'oublie.

Que tirer de positif de tout cela? Que chaque jour un peu plus, les peuples se réveillent et prennent conscience un peu plus de cette crise globale et que des choix difficiles devront bientôt se présenter.

L'Histoire s'écrit.

TL

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