De libertés en crises

12 novembre 2011

Présidentielle 2012: Pour Mélenchon, Hollande est un «capitaine de pédalo» dans la tempête

Source : lejdd.fr

Le candidat du Front de gauche récuse la ligne de "rigueur" imposée par l’UMP et le PS. Il pilonne François Hollande, qualifié de "capitaine de pédalo" en "saison de tempête". Son but : faire sortir son ex-camarade de sa réserve. Extraits de son interview à paraître demain dans le Journal du Dimanche.

Jean-Luc Mélenchon A paraitre dans leJDD

Jean-Luc Mélenchon critique les analyses similaires du PS et de l'UMP pour sortir de la crise. (Reuters)

À vous écouter, Hollande élu serait le Papandréou français?
C’est sa pente! Notez encore son silence quand la droite et l’extrême droite entrent au gouvernement grec ! Ici, la ligne de Hollande est incapable de rassembler une majorité populaire pour battre Nicolas Sarkozy. La vraie bataille est de savoir si le peuple français veut tourner la page de ce modèle économique. Les Français seront-ils capables de surmonter la peur et le carcan idéologique dans lequel le duo Sarkozy-Hollande les enferme?

Vous considérez François Hollande comme plus proche de François Bayrou que de vous?
Aujourd’hui? Oui, je le vois bien. Certes, je ne mets pas un signe égal entre lui et Bayrou ou Sarkozy. Mais l’un des enjeux est de savoir où les Français placent le curseur contre Sarkozy. Plutôt du côté de Bayrou, ou avec le Front de gauche ? C’est l’un ou l’autre. Les électeurs socialistes vont devoir trancher cette question aussi. C’est un des enjeux du premier tour à gauche.

La ligne de Hollande, que vous qualifiez de "sociale-centriste", est-elle conciliable avec la vôtre?
C’est une autre paire de manches. C’est avec François Hollande à sa tête que le PS s’est aligné sur le Parti socialiste européen et le "oui" à l’Europe libérale. Il enrobe de bons mots et de petites blagues une obstination sociale-libérale depuis ses textes de 1983. Pourtant, la gauche gagne les élections quand elle est sur une ligne de gauche et elle les perd quand elle est sur une ligne centriste. À présent, à gauche, pourquoi choisir, pour entrer dans la saison des tempêtes, un capitaine de pédalo comme Hollande ? Je suis candidat pour que la gauche l’emporte, mais pour changer pour de bon l’avenir.

Vous êtes personnellement favorable à la sortie du nucléaire. De quel œil voyez-vous les négociations sur ce sujet entre le PS et EELV?
Tout cela est déplorable. D’un côté, François Hollande décide tout seul qu’il continue le nucléaire ; de l’autre côté, des gens catégoriques disent "il faut sortir du nucléaire". Puis on s’aperçoit qu’ils échangent des centrales nucléaires contre des circonscriptions. Tout cela sent beaucoup la carabistouille. Il faut proposer un objectif commun au pays : sortir des énergies carbonées. Et donner la décision sur le nucléaire au peuple après un débat approfondi : un référendum!

Retrouvez dimanche l'intégralité de cet entretien dans les colonnes du Journal du Dimanche.

Bruno Jeudy et Arthur Nazaret - Le Journal du Dimanche

samedi 12 novembre 2011


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