De libertés en crises

13 novembre 2011

Sarkozy tente de stopper la contagion

Source : lejdd.fr

Sarkozy et Merkel tentent de mettre la pression sur le nouveau Premier ministre grec. L’Elysée anticipe de "nouveaux mouvements spéculatifs violents".

Un bon coup de pression. Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont téléphoné, samedi après-midi, au nouveau chef du gouvernement grec, Lucas Papademos. Le successeur de Papandréou a, pendant trois quarts d’heure, entendu le couple franco-allemand lui rappeler que son pays affole la finance mondiale. Qu’il menace la survie de la zone euro. Que son redressement ne peut pas attendre.

La veille, le chef de l’État s’était entretenu avec le président italien Giorgio Napolitano. Sarkozy a plaidé pour un départ le plus rapide possible de Berlusconi et son remplacement par Mario Monti. Il est prêt à se rendre à Rome pour rencontrer l’ancien commissaire européen – mais l’idée d’un voyage à Athènes n’est plus à l’ordre du jour.

"Un lent mouvement de contagion"

Les urgences cèdent le pas aux urgences. Le chef de l’État a les yeux rivés sur les spreads. Cet indicateur financier mesure l’écart entre les taux d’intérêt des emprunts français et allemands. C’est le baromètre de la fièvre européenne. Plus il monte, plus cela signifie que les marchés se défient de la France. Mercredi et jeudi, ces spreads se sont envolés. Une première depuis le début de la crise. Les investisseurs ont bel et bien attaqué la France.

"Nous sommes face à un lent mouvement de contagion, qui s’accélère et s’étend", observe-t-on à l’Élysée, où l’on n’exclue pas "de nouveaux épisodes spéculatifs violents". Les attaques contre la France sont attribuées aux fonds étrangers, qui auraient vendu leurs titres français dans la foulée de leurs titres italiens. Une réalité à nuancer.

Nicolas Sarkozy pensait avoir passé un cap lundi, avec l’annonce du deuxième plan de rigueur en deux mois et demi. Las. À la veille du 11-Novembre, la Commission européenne a torpillé le budget français, estimant que la prévision de croissance sur laquelle il repose n’est pas crédible : Bruxelles table sur 0,6% en 2012, contre 1% pour Paris. Coup du sort, le même jour, l’agence Standard & Poor’s publie par erreur un communiqué annonçant la perte de la note triple A, avant de s’excuser.

Le gouvernement sera-t-il contraint de présenter un troisième plan de rigueur, comme le pense le PS? Valérie Pécresse assure que non. "Nous avons des marges de sécurité, 6 à 7 milliards d’euros peuvent être mobilisés en cas d’accident de croissance", souligne la ministre du Budget. Il s’agit de crédits mis en réserve et d’économies d’environ 800 millions d’euros issues du débat budgétaire au Parlement. De son côté, le ministre du Travail Xavier Bertrand promet : "Nous ne laisserons pas le chômage exploser." En cas de dérapage, le gouvernement songe à relancer le dispositif de chômage partiel utilisé en 2008 et 2009.

"N’allez pas faire comme Laval en 1935"

Le gouvernement redoute de plonger le pays dans la récession en allant plus loin dans la rigueur. "N’allez pas faire comme Laval en 1935", a lancé Henri Guaino à certains ministres. Le conseiller spécial du chef de l’État fait référence aux mesures drastiques mises en place par Pierre Laval – suivies de la victoire du Front populaire. Les salaires des fonctionnaires avaient été réduits de 10%.

Cette vision noire met en scène Nicolas Sarkozy en père protecteur. Le chef de l’État a exhorté ses ministres à faire la pédagogie de la rigueur et à défendre son rôle. "J’en vois bien qui baissent la tête et rasent les murs. Sachez que les grandes carrières se construisent dans les moments difficiles et que je vois tout", a-t-il pointé.

Dans son entourage, on souligne que les nouveaux dirigeants de Grèce et d’Italie sont des techniciens expérimentés plutôt que des politiques purs. Et l’on taquine le secrétaire général de l’Élysée, ancien patron du Trésor : "Cela laisse beaucoup d’espoir à Xavier Musca!"

Nicolas Prissette - Le Journal du Dimanche

samedi 12 novembre 201

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