De libertés en crises

08 décembre 2011

L’Europe réduit la pression sur les banques françaises

Source : lefigaro.fr

08/12/11 19:43

L’Autorité bancaire européenne évalue désormais à 115 milliards d’euros les besoins de fonds propres additionnels des banques européennes. 

En  chiffrant à 106 milliards d’euros les besoins de fonds propres des banques européennes, en octobre dernier, l’Autorité bancaire européenne (EBA) avait promis d’affiner cette estimation provisoire. Jeudi soir, le régulateur européen a revu sa facture à la hausse, en utilisant des données à fin septembre et non plus à fin juin. Ce sont désormais 114,7 milliards d’euros qui sont jugés nécessaires pour renforcer l’assise financière de 70 établissements grecs, espagnols ou encore français. Objectif, les obliger à atteindre un ratio de fonds propres de 9% en juin 2012, afin de rassurer sur la solidité du système bancaire européen pris dans la tourmente de la crise de la dette souveraine en zone euro.

La colère des Allemands 

L’alourdissement de près de 9 milliards annoncé par l’EBA affecte pour l’essentiel les banques allemandes. Alors que l’effort nécessaire pour remettre à niveau les établissements outre-Rhin avait été évalué dans un premier temps à 5,5 milliards d’euros, l’EBA parle désormais de 13,1 milliards. Cette surenchère suscite déjà la polémique en Allemagne. Les résultats publiés «aggravent les tensions sur les marchés financiers» dénonce Michael Kemmer, le président de la Fédération des banques allemandes. Les banques italiennes ont subi également un dérapage mais plus modeste, de 14,8 milliards d’euros fin octobre à 15,4 milliards. Les besoins du franco-belge Dexia augmentent de 2,4 milliards pour atteindre 6,3 milliards d’euros.

Les banques françaises, en revanche, sortent gagnantes de l’exercice. Elles, dont le déficit de fonds propres avait été estimé dans un premier temps à 8,8 milliards d’euros, n’ont plus à trouver que 7,3 milliards selon le dernier chiffrage. La Société générale fait la bonne affaire. L’EBA ne lui demande plus 3,3 milliards d’euros mais 2,1 milliards. BNP Paribas économise, elle, 600 millions. BPCE, de son côté, voit l’effort demandé augmenter à la marge de 3,4 à 3,7 milliards d’euros. Le Crédit agricole reste le mieux placé, avec zéro effort identifié.

Entre les deux radiographies réalisées par l’EBA, les banques françaises ont publié en cumulé près de 2,5 milliards d’euros de bénéfices trimestriels dont une large partie viennent gonfler les fonds propres. La Société générale a déjà annoncé qu’elle ne verserait pas de dividendes au titre de 2011. Les banques françaises, BNP Paribas en tête, se sont par ailleurs délestées d’importants portefeuilles de dette grecque ou italienne.

En fait, le travail mené par le régulateur européen est d’autant plus ardu que la situation évolue très vite. Côté négatif, les tensions se sont accrues ces dernières semaines sur l’Italie, l’Espagne et la France. Côté positif, les banques se démènent, en musclant leurs fonds propres ou en réduisant les actifs très consommateurs de capitaux propres. Ou les deux. À part les banques grecques, l’italien Unicredit est le seul à avoir annoncé jusque-là une augmentation de capital pure et dure de 7,5 milliards d’euros. L’espagnol Santander dégage des marges de manœuvres en cédant des actifs en Amérique latine. Deutsche Bank étudie la cession de sa gestion d’actifs. Quant à BNP Paribas et la Société générale, elles font le grand ménage à la fois au passif et à l’actif. L’Europe bancaire est un grand chantier.

 

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