De libertés en crises

18 février 2012

Allemagne : le président Wulff forcé de renoncer

Source : ouest-france.fr

samedi 18 février 2012
 
 

Soupçonné d'avoir profité de petits et de gros cadeaux, privé de son immunité, le chef de l'État a démissionné hier. Coup dur pour Angela Merkel qui l'avait porté au pouvoir.

 

Berlin. De notre correspondant

C'est la deuxième fois en deux ans qu'un président allemand démissionne. Après Horst Köhler, en 2010, le chrétien-démocrate Christian Wulff, 52 ans, a renoncé à ses fonctions, hier matin, admettant que la « confiance » de ses concitoyens était « affectée » et sa capacité d'action « gravement endommagée ». Le ministère de la Justice venait de confirmer la levée de son immunité.

Le rôle du Président en Allemagne est plus protocolaire qu'exécutif, plus souvent comparé à la reine d'Angleterre qu'au président de la République française. Le Président est donc, en Allemagne, censé incarner une autorité morale au-dessus des partis. C'est cette crédibilité morale qui a été fortement remise en cause ces derniers mois.

Coup dur pour Merkel

Président de la région de Basse-Saxe de 2003 à 2010, l'élégant et souriant Christian Wulff avait été élu président de la République par le Congrès allemand en 2010. Angela Merkel avait forcé ce choix, alors que le candidat présenté par l'opposition, Joachim Gauck, avait les faveurs de l'opinion publique.

Parmi ses faits d'armes, Christian Wulff s'était engagé dans le débat sur l'intégration qui avait animé l'Allemagne, à la fin de l'année 2010, en déclarant que l'« islam faisait partie de l'Allemagne ».

C'est à la mi-décembre 2011 que tout s'est dégradé. Plusieurs affaires de favoritisme politique ont refait surface, la presse révélant des relations pour le moins suspectes entre l'ancien président de Basse-Saxe et les riches entrepreneurs de cette région. Vols surclassés, crédits à taux préférentiel, vacances payées, l'image du Président avait été sérieusement égratignée.

Le coup de grâce est tombé jeudi soir quand le parquet de Hanovre a demandé la levée de l'immunité du Président, une première dans l'histoire allemande. Désormais passible de poursuite, Christian Wulff risque au moins trois ans de prison.

Ce départ est un affront pour Angela Merkel qui a dit « respecter et regretter » la décision. La chancelière s'est empressée d'annoncer qu'elle « s'entretiendrait avec les sociaux-démocrates et les Verts » afin de « présenter un candidat commun ».

Le Congrès doit se réunir avant le 18 mars pour élire le nouveau chef de l'État fédéral. Les ministres Wolfgang Schäuble, Ursula von der Leyen et Thomas de Maizière font partie des favoris, ainsi que le président du Bundestag, Norbert Lamnert, sans exclure une nouvelle tentative de Joachim Gauck.

Posté par titiactu à 09:04 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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