De libertés en crises

08 mars 2012

BCE: taux inchangé, l'inflation redevient une préoccupation

Source : leparisien.fr

Publié le 08.03.2012, 13h46

La Banque centrale européenne (BCE) a abaissé ses prévisions de croissance et augmenté ses pronostics d'inflation pour la zone euro, faisant s'éloigner la perspective d'une nouvelle baisse de son taux directeur, laissé inchangé à 1% ce jeudi.

La Banque centrale européenne (BCE) a abaissé ses prévisions de croissance et augmenté ses pronostics d'inflation pour la zone euro, faisant s'éloigner la perspective d'une nouvelle baisse de son taux directeur, laissé inchangé à 1% ce jeudi. | Emily Wabitsch

La Banque centrale européenne () a abaissé ses prévisions de croissance et augmenté ses pronostics d' pour la zone , faisant s'éloigner la perspective d'une nouvelle baisse de son taux directeur, laissé inchangé à 1% ce jeudi.
Ce taux, baromètre du crédit bancaire en zone euro, a retrouvé ce niveau, le plus bas de son histoire, depuis décembre dernier. La grande majorité des économistes s'attendait à ce statu quo plutôt qu'à une nouvelle baisse.
 

Le ton adopté jeudi par Mario Draghi, le président de l'institution, très mesuré sur la reprise en zone euro et inquiet sur l'évolution des prix, repousse d'ailleurs la perspective de telles baisses aux calendes grecques.
M. Draghi voit "des signes de stabilisation dans l'économie de la zone euro", mais celle-ci est "toujours sujette à des risques". La BCE table dorénavant sur une contraction du Produit intérieur brut (PIB) de la région cette année, de 0,1%, là où elle voyait auparavant une croissance de 0,3%.
Et l'inflation, qu'elle espérait il y a quelques mois voir revenir cette année au maximum tolérable pour elle de 2%, devrait atteindre 2,4%, selon ces prévisions révisées. L'inquiétude est forte, notamment sur les effets de la hausse des prix du pétrole sur les prix.
La BCE est également plus pessimiste pour 2013, prévoyant une croissance de 1,1% (contre 1,3% jusqu'à présent) et une inflation de 1,6% (contre 1,5%).
"La sonnette d'alarme de l'inflation tinte à nouveau à Francfort", commente Carsten Brzeski, d'ING, ce qui suggère "que la BCE n'a aucune intention de changer ses taux d'intérêt dans un futur proche", analyse Howard Archer, d'IHS Global Insight.
Pour Holger Schmieding, de Berenberg Bank, si action sur les taux il y a, ce sera un relèvement, et ce pas avant mars 2013 "après un retour de la zone euro à la croissance mi-2012".
Ceci, bien sûr, à condition que la crise de la dette n'embrase pas à nouveau la zone euro, ce qui forcerait la BCE à "revenir en mode de lutte anti-crise".
Ce mode, justement, qui l'a vue entre autres prêter massivement à des conditions très avantageuses aux banques de la zone euro, la BCE voudrait bien le quitter pour "revenir à une politique normale, classique de banque centrale", a souhaité M. Draghi.
Après le "succès incontestable" selon lui des deux opérations de prêts à trois ans --une en décembre et une la semaine dernière pour un volume total d'environ 1.000 milliards d'euros-- une troisième n'est pas envisagée.
Les fonds mis sur le marché au taux de 1%, ont contribué à "une modeste hausse du crédit" en zone euro, et l'argent "s'est certainement rapproché des PME", les plus sujettes au risque de pénurie de crédit, a assuré l'Italien.
Si M. Draghi appelle de ses voeux une normalisation de la situation, c'est aussi parce que les mesures exceptionnelles prises par la BCE ne sont pas du goût de tous en son sein.
Il a implicitement confirmé avoir reçu un courrier du président de la Bundesbank allemande, Jens Weidmann, le mettant en garde contre les risques qu'encourent l'institution et tout l'Eurosystème. La presse allemande s'était fait l'écho de cette lettre la semaine dernière.
"Le fond et le contenu de la lettre sont présents dans l'esprit de tous", a déclaré M. Draghi, et les inquiétudes exprimées par M. Weidmann "ne doivent pas être négligées, nous devons y penser, y réfléchir", a-t-il ajouté, "nous sommes tous dans le même bateau".
Mais M. Draghi a exprimé sa confiance dans les mécanismes mis en place par les gouvernements européens pour lutter contre la crise, et notamment le pacte budgétaire que 25 des 27 pays de l'Union européenne se sont engagés à adopter.

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