De libertés en crises

11 mars 2012

L’actualité de la crise : UNE JOURNÉE BIEN EUROPÉENNE, par François Leclerc

Source : pauljorion.com

Suite à l’issue positive intervenue à propos de la restructuration de la dette grecque, après un suspens un peu fabriqué, tout le monde y a été de son commentaire de circonstance. Permettant de relever que Wolfgang Schäuble en a profité pour avertir la Grèce qu’elle devait « saisir sa chance », et que Lucas Papadémos, le premier ministre grec, a vu s’ouvrir « une fenêtre d’espoir ». L’OCDE, de son côté, voyait plus loin en annonçant « des progrès dans l’application des réformes [qui] contribueront à renforcer la confiance et déclencheront un cercle vertueux favorable à la croissance ». On apprenait le même jour que le PIB de la Grèce avait diminué en 2011 de 7,5% au lieu du 7% précédemment annoncé.

Les réjouissances se sont pourtant arrêtées là, car l’Institute of International Finance a sifflé la fin de la récré. Charles Dallara, son directeur général, a lancé un avertissement : « Je déconseillerais fortement à d’autres gouvernements, d’autres peuples en Europe, de prendre cette voie », et la BCE a profité de l’occasion pour proposer la création d’un poste de « conseiller résident permanent » dans les pays de l’Union européenne rencontrant de graves difficultés financières.

Les Espagnols n’en sont pas encore à accueillir leur conseiller, mais ils se préparent à recevoir la visite d’une mission d’experts de la Commission de Bruxelles, dont la mission est « d’échanger des informations sur la situation macroéconomique et budgétaire », dont il est précisé qu’elle n’est « en aucun cas motivée par des doutes concernant le déficit public espagnol ». Acceptons-en l’augure, car Olli Rehn a cru bon de préciser « Nous avons besoin d’informations complètes sur les dérapages budgétaires de 2011 et leurs raisons ». Les deux grandes centrales syndicales espagnoles ont lancé un mot d’ordre de grève générale pour le 29 mars prochain.

Ce panorama express serait incomplet si n’y étaient ajoutées les déclarations de Mario Draghi, selon qui « nous sommes tous dans le même bateau » en parlant du conseil des gouverneurs de la BCE, conseillant à ceux-ci de ne pas faire état en public de « leurs interrogations », une référence aux désaccords exprimée par la Bundesbank, dont il affirme « chérir la culture et la tradition ». Ainsi que les rumeurs faisant état d’un accord secret destiné à remercier Michel Barnier, le commissaire au marché intérieur, à la demande de David Cameron qui souhaite lui voir succéder un esprit plus compréhensif à l’égard de la City.

L’Europe allait ainsi mal aujourd’hui.

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