De libertés en crises

18 mars 2012

Crise systémique globale - Les cinq orages dévastateurs de l’été 2012 au cœur du basculement géopolitique mondial

Source : europe2020.org

Communiqué public GEAB N°63 (15 mars 2012)

16/03/2012

 

 

 

Dans son numéro de Janvier 2012, LEAP/E2020 a placé l’année en cours sous le signe du basculement géopolitique mondial. Le premier trimestre 2012 a largement commencé à établir qu’une époque était en effet en train de se terminer avec notamment : les décisions de la Russie et de la Chine de bloquer toute tentative occidentale d’ingérence en Syrie [1] ; la volonté affirmée des mêmes, associées à l’Inde [2] en particulier, d’ignorer ou de contourner l’embargo pétrolier décidé par les Etats-Unis et l’UE [3] à l’encontre de l’Iran ; les tensions croissantes dans les relations entre les Etats-Unis et Israël [4] ; l’accélération de la politique de diversification hors du Dollar US conduite par la Chine [5] et les BRICS (mais également le Japon et l’Euroland [6]) ; les prémisses du changement de stratégie politique de l’Euroland à l’occasion de la campagne électorale française [7] ; et l’intensification des actes et discours alimentant la montée en puissance de guerres commerciales trans-blocs [8]. En Mars 2012, on est loin de Mars 2011 et du « bousculement » de l’ONU par le trio USA/UK/France pour attaquer la Libye. Mars 2011, c’était encore le monde unipolaire d’après 1989. Mars 2012, c’est déjà le monde multipolaire de l’après crise hésitant entre confrontations et partenariats.

Evolution des réserves de change chinoises et de leur part en titres US (2002-2011) (en millier de milliards USD) (en vert : total ; en saumon : titres US ; courbe rouge : évolution en % de part des titres US dans le total) - Sources : Banque populaire de Chine / Trésor US / Wall Street Journal / DollarCollapse, 03/2012

Ainsi, comme anticipé par LEAP/E2020, le traitement de la « crise grecque » [9] a rapidement fait disparaître la soi-disant « crise de l’Euro » des unes des médias et des inquiétudes des opérateurs. L’hystérie collective entretenue à ce sujet au cours du second semestre 2011 par les médias anglo-saxons et les Eurosceptiques aura fait long feu : l’Euroland s’impose de plus en plus comme une structure pérenne [10], l’Euro est à nouveau en vogue sur les marchés et pour les banques centrales des pays émergents [11], le duo Eurogroupe/BCE a fonctionné efficacement et les investisseurs privés auront dû accepter une décote allant jusqu’à 70% de leurs avoirs grecs, confirmant ainsi l’anticipation de LEAP/E2020 de 2010 qui parlait alors d’une décote de 50% quand personne ou presque n’imaginait la chose possible sans une « catastrophe » signifiant la fin de l’Euro [12]. In fine, les marchés se plient toujours à la loi du plus fort … et à la peur de perdre plus, quoiqu’en disent les théologiens de l’ultra-libéralisme. C’est une leçon que les dirigeants politiques vont précieusement garder en mémoire car il y a d’autres décotes à venir, aux Etats-Unis, au Japon et en Europe. Nous y revenons dans ce GEAB N°63.

Encours de la dette publique détenue par la banque centrale (2002-2012) - Etats-Unis (en violet), Royaume-Uni (en gris), Euroland (en pointillés violets), Japon (en pointillés gris) - Sources : Datastream / banques centrales / Natixis, 02/2012

Parallèlement, et cela contribue à expliquer la douce euphorie qui alimente les marchés et nombre d’acteurs économiques et financiers ces derniers mois, pour cause d’année électorale et par nécessité de faire à tout prix bonne figure face à une zone Euro qui ne s’effondre pas [13], les médias financiers américains nous refont le coup des « green shoots » du début 2010 et de la « reprise » [14] du début 2011 afin de peindre une Amérique en « sortie de crise ». Pourtant les Etats-Unis de ce début 2012 ressemblent bien à un décor déprimant peint par Edward Hopper [15] et non pas à un chromo 60s rutilant à la Andy Warhol. Comme en 2010 et 2011, le printemps va d’ailleurs être le moment du retour au monde réel.

Dans ce contexte d’autant plus dangereux que tous les acteurs sont bercés d’une dangereuse illusion de « retour à la normale », en particulier du « redémarrage du moteur économique US » [16], LEAP/E2020 estime nécessaire d’alerter ses lecteurs sur le fait que l’été 2012 va voir cette illusion voler en éclat. En effet, nous anticipons que l’été 2012 verra la concrétisation de cinq chocs dévastateurs qui sont au cœur du processus de basculement géopolitique mondial en cours. Les nuages noirs qui s’amoncellent depuis le début de la crise en matière économique et financière sont maintenant rejoints par les sombres nuées des affrontements géopolitiques.

Ce sont donc, selon LEAP/E2020, cinq orages dévastateurs qui vont marquer l’été 2012 et accélérer ainsi le processus de basculement géopolitique mondial :

. rechute des USA dans la récession sur fond de stagnation européenne et de ralentissement des BRICS . impasse pour les banques centrales et remontée des taux . tempête sur les marchés des devises et des dettes publiques occidentales . Iran, la guerre « de trop » . nouveau krach des marchés et des institutions financières.

Dans ce GEAB N°63, notre équipe analyse donc en détail ces cinq chocs de l’été 2012.

Parallèlement, en partenariat avec les Editions Anticipolis, nous publions un nouvel extrait du livre de Sylvain Périfel et Philippe Schneider, « 2015 – La grande chute de l’immobilier occidental », à l’occasion de la mise en vente de sa version française. Il traite des perspectives du marché immobilier résidentiel américain.

Enfin, nous présentons nos recommandations mensuelles ciblées dans ce numéro sur l’or, les devises, les actifs financiers, les bourses et les matières premières.

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