De libertés en crises

29 mars 2012

Zone euro : le fonds de sauvetage approchera bien les 1.000 milliards

Source : lesechos.fr

29/03 | 18:21 | mis à jour à 19:27 | Anne Bauer

L'Allemagne a accepté de renforcer le fonds de solidarité européen. Les ministres des Finances doivent arrêter demain le montant final, afin de parachever leur réponse à la crise de la dette souveraine.

Ecrit par
Anne BAUER
Anne BAUER
Correspondante à Bruxelles
Zone euro  : le fonds de sauvetage approchera bien les 1.000 milliards

C'est la dernière pierre de l'édifice bâti pour lutter contre la crise de la dette souveraine. Après le renforcement du capital des banques européennes, l'adoption de nouvelles règles de stricte surveillance budgétaire et la restructuration de la dette grecque, les ministres des Finances de la zone euro s'apprêtent demain à relever le montant de leurs fonds de solidarité. Jusqu'à atteindre le millier de milliards d'euros, que leur réclament leurs partenaires du G20. Longtemps réticente, l'Allemagne s'est finalement laissée convaincre de la valeur symbolique de ce geste, défendu par ceux comme le secrétaire au Trésor américain, Tim Geithner, qui estiment que l'Europe doit « faire tapis » -mettre toute sa mise -pour réellement convaincre les marchés de la solidarité financière des pays de la zone euro. « La France souhaite que le pare-feu censé endiguer la crise de la dette dans la zone euro atteigne environ 1.000 milliards d'euros », a déclaré le ministre français des Finances, François Baroin, en comparant cette arme anti-spéculation à la bombe nucléaire : « C'est fait pour ne pas être utilisé, c'est de la dissuasion. »

Certains récalcitrants redoutent encore qu'une telle augmentation ne soit interprétée comme un mouvement de panique devant les difficultés rencontrées par l'une des principales économies de la zone euro, l'Espagne. D'autres, comme la chancelière allemande, Angela Merkel, se demande en toute honnêteté qui peut croire à une dépense de 1.000 milliards d'euros pour sauver de la faillite certains Etats, quand les opinions publiques se rebellent déjà contre les plans de sauvetage engagés pour l'Irlande, le Portugal et la Grèce, qui mobilisent environ 300 milliards. « Comme la tour de Babel, le mur de l'argent n'atteindra jamais le paradis », a ainsi ironisé le président de la banque centrale allemande, Jens Weidmann.

Cumul du FESF et du MES

Néanmoins tous les Etats du G20, au premier rang desquels la Chine, l'Inde, le Brésil, le Mexique, demandent à l'Europe de prouver qu'elle fera tout pour se sauver elle-même, avant d'accepter - eux -de participer au refinancement du FMI. C'est pourquoi l'Allemagne admet désormais qu'il faut cumuler provisoirement le Fonds européen de stabilité financière (FESF) et le Mécanisme européen de stabilité (MES), comme le réclament les institutions européennes. Ainsi, le MES, dont la capacité de prêts atteint 500 milliards, sera lancé en juillet en sus du FESF, qui poursuit ses programmes de soutien à l'Irlande, au Portugal et à la Grèce, soit quelque 200 milliards d'engagements. En outre, le FESF, qui garde encore une capacité théorique de prêts de 240 milliards, apportera ce potentiel au MES pendant un an jusqu'à réexamen des besoins. Ainsi la solidarité « affichée » atteindra 940 milliards d'engagements.

Dans la pratique, comme la capacité de prêts du MES dépend d'un capital appelable de 80 milliards d'euros, elle ne sera pas mobilisée à 100 % dès le premier jour. Mais les ministres des Finances devraient se mettre d'accord pour verser ce capital en trois ans, d'ici à l'été 2014 au lieu de cinq ans comme prévu initialement. Au-delà de ces débats techniques, les ministres des Finances européens veulent surtout s'enquérir des projets budgétaires de l'Espagne et évaluer sa situation bancaire. Par ailleurs, ils pourraient se mettre d'accord sur le nom du président de la Banque centrale du Luxembourg, Yves Mersch, pour entrer au directoire de la BCE, mais le débat sur le remplacement de Jean-Claude Juncker à la tête de l'Eurogroupe est loin d'être achevé. Hier, François Baroin a exprimé le souhait que ses collègues ne prennent pas de décision avant l'élection présidentielle en France.

ANNE BAUER, BUREAU DE BRUXELLES

Photo  : AFP

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