De libertés en crises

05 avril 2012

Le suicide d'un retraité cause l'émoi en Grèce

Source : radio-canada.ca



Les gens déposent des offrandes en hommage au retraité de 77 ans qui s'est suicidé devant le Parlement grec Les gens déposent des offrandes en hommage au retraité de 77 ans qui s'est suicidé devant le Parlement grec   © AFP/Louisa Gouliamaki

Le suicide d'un retraité devant le Parlement grec a déclenché une vague de sympathie dans le pays ainsi qu'une nouvelle remise en cause de la politique d'austérité imposée à la Grèce par ses bailleurs de fonds internationaux.

Dimitris Christoulas, un pharmacien à la retraite de 77 ans, a mis fin à sa vie mercredi à la place Syntagma, en plein centre d'Athènes.

D'après des témoins, il aurait crié:« J'ai des dettes, je n'en peux plus », avant de passer à l'acte. Selon un passant, il aurait également dit: « Je ne veux pas laisser mes dettes à mes enfants ». Une note retrouvée dans une poche de son manteau met en cause la classe politique et les milieux financiers. « Je préfère choisir une fin digne, plutôt que fouiller dans les poubelles à la recherche de ma subsistance », a-t-il écrit.

En plus de réactions diverses provenant autant des partis politiques, des journaux que de l'Association des pharmaciens de l'Attique, une marche a été organisée en sa mémoire et des gens ont déposé des bougies, des fleurs et des messages condamnant la crise sur les lieux du suicide.

D'après les dernières statistiques, le taux de suicide a bondi de 18 % en 2010 en Grèce par rapport à l'année précédente. En 2011, le nombre de personnes qui se sont donné la mort à Athènes a augmenté de 25 %.

De l'aideEn 2007, l'organisation sans but lucratif Klimaka a mis en place une ligne téléphonique d'urgence pour personnes dépressives et suicidaires en collaboration avec le ministère grec de la Santé. En cinq ans, le nombre d'appels a quadruplé.

Les partis politiques

Apprenant la nouvelle, les deux grands partis de la coalition gouvernementale, la Nouvelle démocratie et le Pasok, ont exprimé leur tristesse, ce qui leur a été reproché par certains de leurs adversaires politiques.

« Honte à eux. Les complices de la souffrance et du désespoir du peuple grec [...] devraient au moins se taire face aux terribles conséquences de la crise du capitalisme et de leurs politiques », a déclaré le parti communiste KKE.

Depuis plusieurs mois, et à quelques semaines des élections législatives, les sondages indiquent que ce sont les petits partis politiques, qui s'opposent à la politique d'austérité du gouvernement, qui remportent le plus de voix en Grèce.

Ainsi, la Nouvelle démocratie et le Pasok remporteraient à eux deux moins de 40 % des voix. La dispersion des votes au profit des petits partis risque cependant de les empêcher d'obtenir assez de sièges au Parlement pour former une nouvelle coalition qui ferait obstacle au plan d'austérité, imposé par la zone euro et le FMI en échange d'un plan de sauvetage de 130 millions d'euros.

Posté par titiactu à 20:31 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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