De libertés en crises

12 avril 2012

Ma réponse à Christophe Barbier

Bonjour Monsieur Barbier,
Un peu de calme vous aussi. Je sais qu’on est dans le sprint final et que la victoire « écrite » de votre favori ne doit souffrir aucune contradiction (la distinction entre journalisme engagé et journalisme partisan est ténue, voyez-vous).
Je remarque seulement, par les temps qui courent, une levée de bouclier généralisée contre l’ami Mélenchon (Marianne et Julliard, l’Express et vous, Le Nouvel Obs et Joffrin, Libé, etc…) Cette simultanéité des attaques ne leurre personne. L’Etat-Major du PS n’est pas loin.
Soit, c’est un choix que tout le monde se doit de respecter pour la liberté de la Presse pour laquelle nous devons nous battre et qui a été bien maltraitée j’en conviens ces cinq dernières années.
Seulement votre réaction m’effraie pour les cinq ans qui viennent.
Si votre « poulain » est élu, cela signifie-t-il que toute mesure d’austérité injuste sera couverte et argumentée par vos soins et ne souffrira aucune critique constructive de votre part et au sein de votre rédaction?
Bien sûr, votre hommage aux qualités du candidat du Front de Gauche à la fin de votre billet ne vient qu’en contraste appuyer le message négatif global.
Personnellement, je déteste le culte de la personnalité même si Monsieur Mélenchon sait jouer d’un système mais on ne peut à aucun moment de son parcours l’accuser de tyrannie.
Jean-Luc Mélenchon a décidé au congrès de Reims de rompre avec une logique libérale du PS avec laquelle il n’était plus d’accord (voir aussi sa cabale contre le « Non » en 2005).
Vous avez bien entendu le droit de ne pas être d’accord avec ce choix personnel. De là à qualifier Jean-Luc Mélenchon de Leader Maximo, de soutien de Chavez et du régime Chinois, vous comprendrez bien là qu’on atteint le point Godwin de quelqu’un qui n’a plus aucune envie de discuter de manière argumentée.
D’autant plus que la virulence des propos à l’égard du Front de Gauche n’a d’égale que la mansuétude avec laquelle le « mainstream médiatique » traite un Front National et ses débordements langagiers contraires à notre idéal Républicain commun.
Vous et vos confrères auront d’ailleurs un jour des comptes à rendre sur ce point mystérieux et dangereux.
En fait, vous êtes en train de faire les mêmes erreurs qu’en 2005. A quoi bon dans ce cas dénoncer l’entêtement des traders et capitaines d’industrie gavés de primes indécentes? Votre entêtement procède de la même logique.
Cela me déçois beaucoup de votre part et d’autres éditorialistes, d’autant que je vous estimais plutôt et vous considérais comme quelqu’un de plutôt modéré.
Votre prise de position n’augure rien de bon pour la vitalité démocratique de notre pays dans les mois qui viennent à une époque où des choix cruciaux devront être tranchés.
Sachez que de plus en plus de gens s’informent via des médias alternatifs et que la crise de la presse papier à peut-être à voir avec un traitement trop monolithique de l’actualité.
Mais j’espère me tromper…

Réponse publiée sur le blog de Christophe Barbier à l'adresse suivante :

http://blogs.lexpress.fr/barbier/2012/04/12/reponse-au-melenchonisme-en-ebullition/

Posté par titiactu à 19:52 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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