De libertés en crises

28 avril 2013

Union Nationale

78% des français favorables à un gouvernement d'Union Nationale. Ca y est, on y est...
"This is it" comme disent les anglo-saxons...

La catastrophe approche.
Que va-t-il se passer?

Certains libéraux de droite et de gauche vont se regrouper et montrer leur vrai visage : "bonnet blanc et blanc bonnet".
L'hypothèse Bayrou se précise, lui qui représente l'extrême-centre puisqu'il se définit lui-même ni de droite, ni de gauche. Comme disait Mitterrand à propos du centre : ni de gauche, ni de gauche....
En fait, il n'est ni PS, ni UMP. Il est juste clairement de droite, et de droite libérale, pro-euro, pro-austérité. Il est donc le dénominateur commun entre blanc bonnet et bonnet blanc (comprenez : PS et UMP). Il se rêve gros bonnet. La chance va lui être offerte. Il finira grand benêt, c'est assuré par la catastrophe qu'il provoquera. Où est passé l'époque où il scandait : "si nous pensons tous la même chose, c'est que nous ne pensons plus rien" pour justifier son départ de l'UMP. Autre temps, autres moeurs.... Ou la propension des hommes politiques à changer d'avis comme de chemise, au gré des évènements et des postes alléchants... Sa seule constante aura donc été son anti-sarkozysme radical, partagé par bon nombre de français, et raison pour laquelle François Hollande est aujourd'hui Président (ce n'est en effet pas son catalogue-programme sans cohérence qui a poussé les gens dans les urnes).

Le libéralisme est une idéologie de droite, c'est pourquoi le PS français renie sa gauche, comme tous les partis sociaux-démocrates européens, en assumant clairement son côté social-libéral, comme le déclarait sans pudeur Cahuzac avant de plonger par où il avait pêché. En effet, une des constantes des hommes politiques se déclarant sociaux-libéraux, comme lui et StraussKahn, est leur proximité affligeante avec le monde des affaires et les pratiques courantes d'exil fiscal, entre autres forfaitures qui sont liées à ce monde, il est donc dans leur intérêt bien compris de nier la lutte des classes, puisque la classe à laquelle ils appartiennent n'a aucun intérêt à ce que cette lutte soit visible. Malheureusement pour eux, il faudra bientôt être aveugle pour ne rien voir, sans cervelle pour penser tous la même chose, et donc, selon le Bayrou ancienne version, ne rien penser.

Pour l'instant, les français, grands épargnants devant l'éternel, ne veulent pas qu'on touche à l'ordre établi. C'est pourquoi le gouvernement d'Union Nationale rafle tous les suffrages dans l'opinion (78% favorables) : ils ont la trouille pour leurs économies. Lorsqu'ils vont comprendre que la politique d'austérité va manger leur épargne, les données vont quelque peu changer, le discours justifiant l'austérité pour préserver l'épargne me fait sourire, plus que ça, même, les bras m'en tombent devant de telles abbérations économiques distillées à longueur de médias par des experts qui ne font en fait que défendre leurs intérêts de classe par une propagande calibrée. Je vois déjà quelques amis gronder auprès de leur banquier devant la fonte comme neige au soleil de leur assurance-vie (l'assurance-vie est en fait constituées d'obligations souveraines, donc vu la dette des Etats qui ne sera jamais remboursée, il va y avoir quelques dégats). Mais pour l'instant, l'essentiel des citoyens-épargnants avalent ce discours calibré, régime calinothérapie solférinienne en lieu et place de véritables mesures efficaces...

Ce gouvernement va se bâtir évidemment sur dénonciation des extrêmes.
Lorsqu'il va s'avérer que ce renforcement de l'austérité souhaitée par les libéraux va mener au désastre que restera-t-il? Une gauche divisée, une droite éclatée et .... des extrêmes dopées.

Voyons comment, dans cette atmosphère nauséabonde, les médias accompagnent le mouvement. Le JDD, toujours à la pointe de la contre-révolution libérale sous des airs de ne pas y toucher titre sur les 78% favorables à l'Union. L'Express, qui descend dans les caniveaux depuis de longs mois, titre "Et pendant ce temps...elle monte", nouvel hommage à Marine Le Pen et nouvelle accusation à peine voilée à l'encontre de Hollande, l'Express ne comprend pas ou fait semblant de ne pas comprendre que la montée du FN est dans la stratégie de Hollande pour vérouiller le vote UMP et faire exploser la droite. Le Point, fidèle à sa couleur politique, culpabilise les français : "Les français sont-ils paresseux? : les vrais chiffres du temps de travail et du chômage". Je m'attarde sur ce dernier "point", car cela fait des décennies que le chômage est assimilé à de la paresse, une rigueur intellectuelle saine et propre démonte ça en 2 minutes, mais ça continue... En effet, dans un pays où le chômage est à 3,2 Millions de chômeurs et où 400.000 postes ne sont pas pourvus. Mais on comprend bien ici la logique libérale à l'oeuvre : les français sont trop protégés, c'est pourquoi ces 400.000 postes ne sont pas occupés. Il faut donc casser les protections. Cela laisse un solde de 2.8 Millions de personnes sur le côté. Et je ne parle pas du vrai chiffre, plus proche de 5 Millions. Oui mais, nous disent tous ces experts, cela générerait un cercle vertueux... Ah bon? Depuis 30 ans, qu'on rogne sur les protections sociales, le nombre de chômeurs n'a fait qu'augmenter. Et l'accélération de cette casse sociale ces dernières années ne fait qu'aggraver le problème. Mais non, ces gens continuent à beugler les mêmes discours.

Bref, ce gouvernement d'Union Nationale éventuelle serait en réalité l'aveu d'un échec. Pour le PS d'abord, qui après avoir battu la droite en 2012, se ridiculiserait en l'appelant à la rescousse. Pour tous les partis de gouvernement ensuite, car le message sera : "vous voyez, ça fait 30 ans qu'on mène les mêmes politiques, c'est un fiasco, mais ne vous révoltez pas, vous voyez bien qu'il n'y a pas d'autre solution puisqu'on travaille ensemble!"

Rappel du désastre européen, où cette Union Nationale prend ses racines, rappel du gâchis incroyable de temps et de talents, d'argent, car pour faire tenir ce système fou, il faut dépenser de plus en plus d'argent qui est de moins en moins disponible.

72% des espagnols - 69% des anglais - 59% des allemands - 56% des français - 53% des italiens ne croient plus au projet européen.
Suite à ce sondage catastrophique, le Président de la Commission Européenne Barroso vient d'annoncer que les politiques d'austérité avaient atteint leur limite.


La relation franco-allemande se durcit.


Il est évidemment trop tard pour se réveiller, le mur des réalités approche trop vite. Ces suffisants préfèrent s'indigner d'un mur des cons fort légitime et légal, preuve que leur vision des priorités économiques et sociales est complètement masquée par des techniques de com' bidon.
Avant, les seigneurs médiévaux se planquaient derrière leur château-fort.
Cela les tenait éloignés de toute réalité : on sait comment ça s'est terminé.
Aujourd'hui, nos seigneurs libéraux se planquent derrière le le mur de la com'.
Les dirigeants politiques vont bientôt comprendre que ce ne sont pas leurs amis dirigeants d'entreprise qui votent en masse.
L'ère du changement factice va durer encore quelques mois avant que cette colère ne s'exprime dans les urnes.

J'en termine avec les tribulations médiatiques de Mélenchon, qui ridiculise ce système de l'entresoi et terrorise tout le monde, battant des records d'audience à chaque passage sur un plateau de télévision. Le visage livide de certains journalistes en dit long sur l'état de panique qui règne dans ce petit monde. Oui, vraiment, ils auront bien besoin d'un gouvernement d'Union Nationale pour espèrer vaincre cette vague qui monte rapidement.
Mélenchon a encore explosé les records de l'émission "des paroles et des actes" et a détruit en 2h30 le concept de cette émission, exemple de corporatisme bidon de ce mur de la com'.
Aucun commentaire dans la "presse-torchon" de la "gauche-caviar" le lendemain. Bon signe que ces scribouillards baissent leur caquet.
L'audience record a vite été relativisée par Nathalie St-Criq : "l'audience ne veut pas dire que les gens sont d'accord."
On rigole....Ce n'était nullement la question, j'en déduis que ces journalistes aux ordres ont été traumatisés par la prestation de Mélenchon, qu'ils avaient des objectifs venus d'en haut et qu'ils ont échoués ("Môssieur" Lenglet était livide).

TL

Posté par titiactu à 12:45 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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