De libertés en crises

11 mai 2013

La route vers nulle part

Les grands débats sont aujourd'hui absents du concert médiatico-politique "mainstream".

Les mots sont biaisés et n'aboutissent à aucun élément concret. Une "novlangue" marketing sans objet, des embrayeurs rhétoriques logiques sans logique placés dans les discours. Des déclarations racoleuses pour frapper l’esprit du chaland, noyées dans des discours où les opposés se côtoient sans autre forme de procès. Le blanc et le noir sont associés dans une même phrase, chacun y trouve son compte mais personne, dans la classe médiatique censée éclairer le citoyen, ne fait l’analyse critique qui conviendrait. Le plus bel exemple date de l’époque Sarkozy, avec une ministre de l’Economie, employant le terme « rilance », condensé de rigueur et de relance, dont on voit les résultats aujourd’hui, en France et dans l’Europe entière. Devant cette incapacité à formuler des projets concrets, les grands partis de pouvoir appliquent exactement les mêmes politiques, en terme économique et social et prennent leurs consignes à Bruxelles, dans un déni infernal de la souveraineté nationale. Cela s’appelle le libéralisme. La gauche semble la plus prompte à s’y colleter (avec comme exemple frappant la Nouvelle-Zélande depuis le tournant de 1984), comme toujours depuis les années 80, car elle noie son discours économique libéral dans un libéralisme des mœurs et de la culture qui plait aux intellectuels, artistes et journalistes, qui ne connaissent pas les fins de mois difficiles de la grande majorité de leurs concitoyens. Cela ouvre des boulevards à la droite et à l’extrême-droite et assure l’alternance libérale voulue par le grand patronat.

Devant ce constat, que je veux à la fois lucide et amer, que reste-t-il au citoyen, privé de son débat économique droite-gauche, c’est-à-dire le seul débat politique qui compte ? Tous les autres en découlent en effet. On mesurait jusqu’à il y a quelques décennies le progrès d’une civilisation à sa capacité à faire baisser les inégalités. Aujourd’hui, les seuls critères qui comptent semblent être, dans l’ordre, le PIB, le contrôle des déficits, la balance commerciale et le taux de chômage. Le taux de pauvreté est trop peu mis en avant. Si on en  croit tous les adorateurs du dieu teuton, on est tout à fait dans ce cas de figure. C’est-à-dire qu’aujourd’hui, c’est le TINA (There is no alternative) qui a colonisé les esprits. Les politiques économiques et sociales menées par les conservateurs et les sociaux-démocrates sont identiques, seul le verbe change, les applications sont identiques. Les sociaux-démocrates, depuis toujours, croient qu’ils vivent dans un monde de Bisounours, et chaque fois, leurs tentatives de réguler le capitalisme se sont soldées par des échecs cinglants.

Il ne reste donc plus rien à l’électeur pour changer les choses par les urnes, à quelques exceptions près, aujourd’hui minoritaires, mais que les évènements pourraient peut-être rendre plus puissantes. En effet, comme je le dis depuis le début, le libéralisme, par sa puissante résistance au changement et par sa force financière, ne fait que retarder l’échéance. On nous fait croire qu’un écroulement de ce système serait d’abord préjudiciable aux plus faibles. Je n’en crois rien, le désengagement social de l’Etat nous prouve que continuer avec ce système sera au contraire bien pire, demandez aux Grecs. Evidemment, les forces humaines auront toujours le dernier mot, et si la débrouille peut parfois paraître injuste aux plus démunis, que dire d’un Etat social se désengageant d’un processus où il a rendu chaque citoyen dépendant de lui pour ensuite tout rendre aux forces du marchés qui se moquent bien du sort des damnés de la Terre, des damnés de la France.

Le vrai débat, suite à la crise (déjà cinq ans), n’aura donc pas lieu, en tout cas il ne sera pas arbitré par les forces politiques majeures (PS et UMP en France), qui préfèrent se chamailler sur des broutilles dans un cloche-merle permanent (histoires de pains au chocolat, par exemple…) alors qu’ils se partagent tous les postes de la République depuis des décennies. Le plan de carrière et la course au poste gratifiant semblent être le seul sport qui les intéressent, l’intérêt général de leurs concitoyens leur importent peu (Fillon, alors que la préoccupation des français est à des années-lumières de sa propre vision nombriliste du Monde, qui annonce sa candidature pour….2017, vous avez bien entendu….2017… et Sarkozy qui prépare son retour). On voit bien que tout cela est absurde, alors que le pays traverse l’une des plus grandes crises de son histoire.

Tout cela me désole, bien sûr, et je pense que mon analyse de ce monde finissant arrive à son terme. Il n’y a rien d’autre à en tirer si ce n’est que tout cela n’aboutit à rien sinon à une corruption accélérée de l’appareil d’Etat (Affaire Bettencourt, affaire Cahuzac,…). Je vais désormais m’intéresser à l’écologie, beaucoup plus dans le détail, dans une véritable démarche citoyenne et en en étudiant tous les aspects économiques. Plus les jours passent, en effet, et plus je me rends compte que les clowns qui sont censés nous diriger et nous représenter sont des irresponsables et que leurs combats ne sont même pas dignes d’une cour de maternelle.

TL

Posté par titiactu à 09:43 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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