De libertés en crises

01 juin 2013

Hollande et l'Europe

Lorsque Hollande emploie enfin les mots qu'il faut : "la Commission Européenne n'a pas à nous dicter ce que nous avons à faire", un concert de propos hallucinants (et hallucinés) s'empare de la classe politique.

La droite allemande ordonne à la France de faire ses devoirs, comme un dominant parle à un dominé, insistant sur le fait que l'Europe ne peut plus attendre la France.
Or, l'Europe, qui n'existe pas sans la France, est dirigée par des technocrates sans légitimité électorale (la Commission Européenne) , donc cela vaut moins que rien sur le plan démocratique.
Cette technocratie (et non pas démocratie) ne laisse plus les élus essayer d'honorer leurs promesses électorales (ce qui est déjà bien compliqué), il y a donc un risque, à terme, d'insurrection et de guerre civile en France ou dans d'autres pays européens encore plus touchés.
Les mêmes personnalités depuis plus de 30 ans en profitent pour enfoncer le clou, démontrant par là qu'ils ne sont que des soumis à la nouvelle noblesse européenne, corrompus si ce n'est par l'argent, au moins dans le cerveau par les milieux d'affaire.
Il est d'ailleurs plus qu'affligeant de voir des ex-soixante-huitards truster tous les médias depuis plus de 30 ans, indéboulonnables et omniprésents, et demander dans le même temps à tout le reste de la population d'accepter la précarité à vie. Pour conserver ses avantages et sa sécurité (emplois à vie dans les médias, conseils d'administration, partis politiques, etc..) , une petite classe de la population française, complètement dépassée par les événements depuis 5 ans (le début de la crise) et qui ne mériterait donc que d'être remplacée, veut imposer l'insécurité à tout le reste de la population française, alors que la solution se trouve dans cette population et non dans les idées usées, polémiques, inefficaces et non pertinentes  d'une large part de la classe politique qui est plus que trop influencée dans ses programmes par la rengaine de l'argumentaire des banquiers et capitaines d'industrie, largement responsables de la situation vécue par le reste de la population.
Prendre donc la défense de Hollande...
Tout en ne perdant pas de vue qu'il y a les mots dits en France et les décisions réelles prises.
Le lendemain du délai accordé par Bruxelles sur la résorption du déficit français, les membres du gouvernement étaient sur tous les médias en train d'annoncer une nouvelle inflexion dans la réforme du système de retraites.
Le mérite de cette phrase de Hollande est qu'elle révèle l'Union Nationale des principaux partis politiques français (PS, UMP, Modem, voire Front National mais pour le FN cela sera révélé plus tard) autour de cette idée d'austérité pour réduire la dette, en fait simple prétexte pour casser le modèle social français qui met dans l'embarras tous les hauts patronats du monde.
Le problème avec Hollande, c'est que ses rares phrases logiques n'entraînent jamais les décisions dont elles devraient pourtant être la conséquence. Dit autrement : sur des constats aussi tranchés, il importe d'en tirer toutes les conséquences.
Simple posture électorale en direction de sa gauche, il est à craindre que chômeurs, précaires, interdits bancaires, travailleurs pauvres, mal logés, salariés modestes, jeunes, syndicalistes d'usines bradées sur l'autel du profit bancaire et compagnie ne se contentent plus de simples phrases à unique visée électoraliste, et que les rangs de la gauche d'en bas :
 - au mieux désertent les prochains scrutins
 - au pire ne se tournent vers des discours nationalistes diamétralement opposés et annonciateurs de grands périls!
TL

Posté par titiactu à 13:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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