De libertés en crises

08 février 2014

Hollande sous les 20% et le triomphe du sarkozysme

Alors qu'un sondage annonce la cote du Président sous les 20%, qu'en déduire en terme de projection sur la composition politique de la France nouvelle. Sous les décombres du Sarkozysme Acte I, le PS, qui n'a ni les moyens (en terme d'adhésion électorale), ni la volonté (en terme de vision solférinienne), ni le soutien (en terme de réalité internationale) pour mener une vraie politique de gauche, est en train de vérifier que la social-démocratie est bien un astre mort, voiture-balai d'une industrie nationale en train de sombrer sous les coups de boutoir à la fois de la haute finance internationale et des pays à main d'oeuvre bradée, surexploitée.

Voyons dans le détail :

 - adhésion électorale :

1) les manifs réactionnaires des anti-mariage pour tous, voire la manif haineuse "jour de colère", les bonnets rouges montrent une masse importante de catégories plutôt de droite prêtes à se mobiliser et à défier l'Etat qui s'auto-proclame "social-démocrate"

2) les démonstrations quotidiennes dans les chroniques économiques des médias de masse, qui, toutes, prônent la supériorité du "laissez-faire" libéral sur la régulation citoyenne des flux financiers et économiques (à l'encontre pourtant de ce que l'on peut observer depuis le début de la crise dite "des subprimes" et alors que tout laisse à penser qu'il faudrait faire exactement le contraire comme le disent de plus en plus d'économistes très sérieux)

3) l'instrumentalisation de l'immigration qui remporte malheureusement un vif écho dans la population dans le sillage de la campagne 2012 de deuxième tour de Nicolas Sarkozy

 

 - vision solférinienne : alors que Montebourg fût le 3ème homme lors des primaires socialistes, Valls (4% aux primaires) est l'homme mis en avant par l'appareil du Parti Socialiste. Déni de démocratie interne et influences social-libérales (cf. Cahuzac, Strauss-Kahn, etc...) très dangereuses

 - réalité internationale : le paradigme actuel fait que ce sont les pays ultra-libéraux qui mènent la danse : Etats-Unis, Allemagne, Chine, ... ou les moins-disants sociaux et écologiques raflent la mise en terme de dumping. On attendait (les plus naïfs en tout cas) quelque chose de l'Europe en terme de protectionnisme, rien ne vient, l'Europe est ouverte à tous les vents et se désindustrialise à grande vitesse, le niveau de vie dégringole sans pourtant la moindre contrepartie écologique, qui pourrrait permettre d'avaler la pilule amère aux anti-productivistes.

Bref, Hollande prépare une abstention massive de gens qui ne voient plus la différence entre sa politique et celle de son prédecesseur. Il prépare des masses de pêcheurs du dimanche qui ne daigneront pas se déplacer le jour de la prochaine Présidentielle.

Le seul chiffre positif vient de la diminution du déficit de la balance commerciale (ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a plus de déficit!), lié non moins à l'action gouvernementale qu'à une conséquence directe de la baisse de la consommation liée à la crise, ce qui entraîne la chute des importations. Bref, ce chiffre, qui peut paraître bon, est en fait négatif en terme de PIB. Personnellement il est pour moi de toute façon bon, car tout ce qui contribue à la diminution de la consommation contribue à la préservation de l'environnnement. Le problème restant que cet appauvrissement de la classe moyenne européenne se fait à l'avantage d'autres classes moyennes émergentes qui n'ont que faire des dommages collatéraux écologiques, et que donc, globalement, au niveau mondial, le désastre écologique continue à s'amplifier. Les dérèglements du climat (inondations, sécheresses, énormes tempêtes de neige, ..) que l'on observe ici ou là n'inquiètent personne. Les gens bien en vue nous assurent qu'il n'y a aucun lien avec l'exploitation exagérée des ressources naturelles. Pire, si on en croit la pensée de Naomi Klein, cette accélération des catastrophes sert, en fin de compte, la stratégie ultra-libérale.  Après chaque catastrophe en effet, des pans entiers des économies touchées sont privatisées, libéralisées. Chaque nouvelle catastrophe semble malheureusement lui donner raison.

Bref, comme d'habitude et comme vu dans d'autres pays, la servile social-démocratie n'est en fait qu'un social-libéralisme qui se cache mal et prépare, comme d'habitude, le retour aux affaires de la droite décomplexée.

Hollande, en croyant bêtement bien faire, prépare tout simplement le retour puisssant de Nicolas Sarkozy. Sûr qu'après, il se plaindra des pêcheurs qui ne se sont pas déplacés le jour de l'éléction. On connaît la rengaine...

En attendant, tout est en place pour Sarkozy, Acte II.

Voyant le résultat calamiteux de ce gouvernement, beaucoup se disent : why not?

TL

 


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